[FP05] Le jeu de rôle

Avant-dernier billet de la série simulation de formule pédagogique.

Le jeu de rôle a d’intéressant qu’il implique l’élève sur le plan subjectif dans l’activité. L’apprenant qui « joue un rôle » le fait en fonction de la compréhension du personnage (historique ou fictif) qu’il a. Le jeu de rôle implique la notion de jouer (comme au théâtre) et celle d’interpréter un rôle, cependant il est important de faire valoir devant les élèves le peu d’importance qu’a la performance théâtrale en ciblant un objectif d’apprentissage de fond et en misant sur l’authenticité de l’interprétation plus que sur son éclat (Chamberland, 1995).

Dans la situation que nous avons expérimentée en DID4217, notre objectif d’apprentissage résidait dans l’exercice du procès : juger Mackenzie King. Quel apprentissage y a t’il à faire à travers cet exercice? Compte tenu du fait que pour en arriver à un jugement il faille appuyer une position qui nous est imposée (un peu comme en débat) qu’on soit avocat, juge ou membre d’un des groupes d’intérêts, l’exercice nécessite la mobilisation de savoirs qui prennent la forme de preuves historiques ou de documents législatifs, constitutionnels ou encore d’une autre nature.

Notre simulation de jeu de rôle s’est globalement bien déroulée, bien que nous étions pressés dans le temps. Néanmoins, nous avons eu l’occasion de prendre conscience des différents aspects nécessaires et pertinents à sa mise en application, soit la contextualisation, l’organisation spécifique de la classe, l’établissement de règles de jeux et l’attribution de rôle aux élèves en fonction de leurs caractéristiques spécifiques. L’exercice avait d’intéressant qu’il a aussi fait ressortir les défis de gestion de classe (principalement au niveau du temps et du rythme) qu’impliquent le jeu de rôle. Toujours dans cette même optique, il est apparu particulièrement difficile d’attribuer des rôles qui mobilisent les élèves tout au long de la démarche. Dans mon cas (je devais jouer le rôle du juge), j’ai connu quelques moments où j’avais très peu à faire, pour ne pas dire rien, alors que les autres préparaient leur plaidoyer. On peut être à l’aise avec cette situation, mais il y a, à mon avis, un risque de dérapage si on se retrouve avec quelques élèves ici et là qui ont des temps morts. Pour éviter ce problème, il peut être intéressant d’enrichir les rôles « secondaires ». Par exemple, dans notre simulation, le juge n’avait pas de document à consulter lors de la première phase et a reçu peu d’indications quant à son rôle. Il aurait été pertinent, par exemple, de lui fournir une feuille de consigne relativement au temps des interventions, aux procédures de gestion des témoins, des avocats, des débats et des diverses règles qu’il doit faire respecter « à la cour ». Le temps de préparation aurait donc servi au juge pour étudier son rôle et poser ses questions à l’enseignant.

L’idée générale (et aussi le défi), dans un jeu de rôle centralisé comme celui-ci, c’est de diversifier les rôles et les postures, mais aussi d’équilibrer les tâches qui sont diverses afin d’optimiser le temps investi à réaliser l’activité. Selon cette logique, alors que le jury débattait à la fin de l’activité sur l’issue du procès, l’enseignant aurait pu utiliser ce temps pour amorcer un retour sur l’activité. Sans effectuer un retour de fond sur le jeu de rôle, les quelques minutes auraient pu être employées pour une discussion de groupe sur les impressions des élèves quant à la formule et ainsi récolter les commentaires pour un réinvestissement ultérieur. Ceci dit, une fois le jeu terminé, il convient de revenir le plus rapidement possible avec les élèves sur le déroulement du jeu de rôle afin de consolider les acquis, mais aussi de déconstruire rapidement les inexactitudes possiblement rencontrées, un point faible que souligne Chamberland (1995).

J’ai apprécié globalement l’expérience vécue et je souhaite la réinvestir éventuellement avec mes élèves, mais il est fort probable qu’il me faudra plus de temps avant d’expérimenter une formule aussi complexe,  car j’aurai besoin de sentir que mes groupes sont prêts à faire l’expérience d’un jeu ouvert comme celui-ci et d’en tirer une substance qui soit pertinente à leur formation.

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