What does Quebec want? Une activité sur l’histoire du Québec pour les élèves du R.O.C.

Depuis quelques années, l’Université de la Colombie-Britannique offre un cours d’été d’une semaine (Historical thinking summer institute [HTSI]) au cours de laquelle enseignants, étudiants et autres professionnels de l’enseignement-apprentissage de l’histoire sont conviés à découvrir ou approfondir leur connaissance des six concepts de la pensée historique tels que développés par Seixas et Morton (2012/2013). Cette année, j’ai eu la chance de bénéficier d’une bourse THEN/HiER me permettant de participer à cet évènement se déroulant à Vancouver. Ce que je retiens particulièrement de ma participation – et je crois que c’est un apprentissage partagé par plusieurs des participants de l’HTSI – c’est une réelle expérience de collaboration autour de l’élaboration de leçons, non seulement entre des éducateurs de tous les milieux et de partout au pays, mais aussi entre le milieu de la recherche et celui de l’enseignement. Ces occasions – trop rares – sont des moments de grandes richesses. Sans limiter l’HTSI à ces ateliers, c’est un échantillon du fruit de ce travail de collaboration que je propose de partager dans ce billet. La leçon la plus achevée que mon équipe et moi avons construite porte sur la fin des années soixante et le début des années soixante-dix au Québec. Elle a été élaborée par trois enseignants (de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et du Québec) et deux étudiants québécois à la maitrise en didactique de l’histoire (dont je suis).

L’objectif

Notre premier défi fut de cerner un thème sur lequel nous voulions travailler. Après un certain temps, c’est une question qui s’imposa comme fil conducteur de ce qui allait être notre semaine de travail : What does Quebec want ? Cette grande question a l’avantage de nous permettre d’explorer différentes périodes de l’histoire du Canada sous un angle particulier : la perspective québécoise. Par ailleurs, elle répond très directement (au dire des enseignants au sein de l’équipe) à une incompréhension des élèves canadiens hors du Québec quant à la réalité particulière du Québec. Au cours de la semaine, nous avons tenté d’échafauder plusieurs activités ciblant le développement des six concepts de la pensée historique en articulant chaque activité autour de cette grande question (What does Quebec want). Au final, c’est notre activité sur le concept de source (evidence) qui s’est avérée la plus intéressante et aboutie.

L’activité : What does Quebec want ?

Le choix de la période n’est pas dû au hasard. Il nous fallait un moment de l’histoire du Québec où le foisonnement des idées, les divergences d’opinions et le contexte politique étaient particulièrement riches et les années soixante et soixante-dix nous semblaient tout indiquées pour opposer différentes perspectives sur la situation du Québec – et problématiser le concept historique de source – tout en travaillant sur notre question centrale. Encore fallait-il choisir plus précisément sur quoi nous voulions faire travailler les élèves, car les possibilités demeuraient vastes. La question du projet de société et de la place du Québec dans le Canada nous est apparue particulièrement intéressante et ouvrait la porte à une variété de points de vue, tout en répondant, bien que partiellement, à notre question de départ. Nos objectifs principaux étaient de développer la capacité des élèves à lire des sources d’information tout en considérant l’auteur, l’intention, le moment de rédaction, le contexte ainsi que les différentes perspectives et ce qui y sous-tend. Nous avons donc pensé qu’un ensemble de documents contenant un discours de Pierre Elliott Trudeau, un essai de René Lévesque ainsi que le manifeste du FLQ proposerait aux élèves trois visions différentes de ce que le Québec voulait (notre question centrale) et nous permettraient une certaine problématisation du concept de la pensée historique que nous voulions aborder – s’il existe au moins trois discours de ce que le Québec veut, comment en arriver à une conclusion? Qu’en comprendre? L’activité (en anglais) que vous trouverez en pièce jointe est donc le fruit de plusieurs heures de travail et de réflexion. Le document présente l’activité sous la forme d’une structure de leçon et contient les extraits de sources premières nécessaires ainsi que les différents documents de travail pour les élèves.

Une expérience riche

Nous n’avons pas la prétention d’avoir créé une leçon clé en main sans faille, mais nous avons, par contre, l’assurance d’avoir réussi à donner forme à une tâche pleine de potentielle, articulée autour d’objectifs cruciaux pour les classes d’histoire.

Ce court billet ne me permet pas de donner un aperçu complet de ce qu’est l’expérience de l’HTSI. Ce fut, au-delà des ateliers pratiques, une occasion de discuter et de débattre d’écrits sur la pensée historique, de travailler en collaboration avec des gens issus du milieu muséal et de réfléchir sur l’histoire des premières nations dans les curriculums scolaires du Canada. Peter Seixas a confirmé que l’HTSI aura de nouveau lieu à Vancouver en 2015. J’en recommande l’expérience tant aux enseignants qu’aux étudiants.

L’activité détaillée est disponible ici sous le lien « activité Trudeau-Lévesque-FLQ (anglais) ».

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